
Maître,
Votre entêtement est connu de toute la planète maintenant. Vous avez fait des pieds et des mains pour que les cinq pseudos sages valident votre candidature: à coups de millions, de villas, de voitures et autres considérations économiques qui nous sont inconnues.
Aujourd'hui en 2012, vous n'êtes plus aussi Ndiombor que vous ne le pensez. Oh non! Des décennies nous séparent de ce sobriquet que le père poète vous avez collé. Non, ce temps est vraiment révolu. L'esprit du sénégalais a nettement évolué et est capable de résumer en un paragraphe toutes les bibliothèques de manipulations que vous érigez à longueur de journée. A tel point qu'il ne vous reste plus que l'intimidation et la force pour les faire passer dans l'esprit et le cœur du sénégalais. La répression des limiers face à la vague de protestation a fini de prouver que force est restée à la loi. Cette force, tout le monde la reconnait à l'Etat, autant l'opposition que la société civile.
Mais Maître, de là à vouloir insulter l'intelligence des sénégalais, en essayant de vous élever, vous et votre fils à un rang que vous ne méritez pas, il faut vraiment vous rappeler que la mémoire des sénégalais n'est pas aussi courte que vous ne le pensez.
Au nom du père...
"J’ai beaucoup travaillé, j’ai beaucoup fait et j’ai beaucoup de choses en chantier. Donc, il faut que je les termine"
Maître, il est temps pour vous que vous arrêtez de nous livrer encore et encore votre bilan en termes d'infrastructures. D'accord, vous en avez bien plus en 10 ans que le socialisme en 40 ans. Mais maître, ne savez vous pas que Ben Ali de la Tunisie en a fait bien plus, en érigeant des infrastructures dignes des capitales européennes ? Et pourtant, c'est en voulant finaliser ses projets et en commencer d'autres, oubliant la détresse des tunisiens et muselant leurs droit d’expression, que son peuple a crié son ras-le-bol.
"Que les étrangers parlent de mon âge (86), ce n’est pas grave. Que les Sénégalais le disent, c’est un manque de respect. C’est la posture d’un sage. Moi, j’ai une mission au Sénégal et je la remplirai"
Maitre, un sage, il ne cherche pas à s'imposer, à se faire aimer. Ni ne tente à travers maintes coups-bas et petites manœuvres de faire passer sa sagesse. Oui maître, votre âge nous inquiète, d’autant plus que le nombre fourni serait loin de la réalité. Il est véridique que vous résistez relativement bien plus, grâce à Dieu et à la magie de la médecine, que certaines personnes de votre âge. Ne pensez-vous pas que le moment est venu pour vous de prendre un peu de repos et de laisser la place à la jeune génération, qui fera de vous un sage comme vous le prétendez, un sage consultant capable de donner la meilleure analyse de n’importe quelle situation du pays ?
« Est-ce que vous trouvez normal qu’un ministre d’un pays étranger se mêle de la politique d’un pays pour dire ce que nous allons faire. Je le réfute moi »
Maître, vous ne tenez tout de même pas à ce que l’on vous rappelle toutes les affaires, hormis celles libyennes, dans lesquelles vous avez baignez. N’est-ce pas vous qui aviez pris position le 1er Septembre 2011 à la conférence internationale sur la Libye en déclarant : « J’ai toujours été pour le droit d’ingérence contrairement à ce que disent certains dans les pays africains. Surtout quand des droits de l’homme sont violés » ? c’était bien vous, Maître, et ceci est encore frais dans nos mémoires.
…Du fils…et de la sainte famille libérale
« J’ai un fils qui a une formation particulière qu’on trouve rarement. Diplômé de la Sorbonne en audit et management. Il était dans une grande banque à Londres ».
C’est cela que vous appelez formation particulière ? Ceci se passe de commentaires, Maître.
"Je lui ai confié des choses où, a-t-il précisé, plusieurs ministres avaient échoué : la question de l’électricité, des infrastructures. Vous savez moi, je tiens à réaliser de bonnes routes, pas des routes qu’on refait tous les cinq ans. Maintenant, j’ai un fils qui est intelligent, capable de travailler".
De grandissimes projets, de grandes agences et des milliards à n’en plus finir, mais qui sont à jamais exempts de tout contrôle, de tout audit. Il est très facile de réaliser une infrastructure avec au final 150% du financement initialement dégagé. Un gap encore et toujours comblé par le contribuable sénégalais.
Vous ne réalisez pas des routes qui se refont tous les cinq ans, oh non ! Vous avez juste construit une route Fatick-Kaolack qui est à ce jour impraticable, raison pour laquelle vous ne vous rendez dans le Saloum que par air. Vous avez forcé la construction d’un tunnel, que tout le monde hésite à emprunter en période hivernal… La liste est très loin d’être exhaustive.
Maître, si vous avez la mémoire courte, le sénégalais non. Votre bilan est loin d’être médiocre, mais il est toujours est-il loin de la perfection. Alors, au nom du père Wade, du fils exemplaire et de la sainte famille libérale, respectez l’intelligence des sénégalais, pesez le pour et le contre de vos deux mandats, oui, deux mandats, et concluez-en qu’il vous reste encore une tout petite chance pour emprunter la petite porte.
Le s0litAire
Le s0litAire